Scan to BIM au Maroc : du nuage de points à la maquette exploitable, sans mauvaise surprise !

Scan to Bim au Maroc

Deux devis de Scan to BIM pour le même bâtiment, à quelques mois d’intervalle : l’un à 80 000 DH, l’autre à 190 000 DH. Le maître d’ouvrage conclut naturellement que le second est trop cher. En réalité, les deux prestataires ne vendaient pas la même chose — et l’un des deux ne vendait pas du tout une maquette.

C’est le malentendu central du Scan to BIM au Maroc : un nuage de points n’est pas une maquette BIM. Le premier est une photographie tridimensionnelle, obtenue en quelques heures. La seconde est un modèle intelligent, où chaque mur sait qu’il est un mur — et cela se construit, élément par élément, par un modeleur.

Alors : que gagne-t-on vraiment avec le Scan to BIM sur un projet marocain ? Quelle précision le Scan to BIM permet-il d’atteindre selon la technologie employée ? Combien cela coûte-t-il au mètre carré, et pourquoi tellement plus qu’un relevé 2D ? Que faut-il vérifier chez un prestataire avant de signer ? Et où en est réellement le BIM au Maroc en 2026 — est-il obligatoire ?

On vous dit tout sur le Scan to BIM dans cet article.

L’essentiel en 30 secondes

  • Le nuage de points et la maquette BIM sont deux livrables différents. Le nuage s’acquiert en heures ; la maquette se modélise en jours ou en semaines. C’est là qu’est tout l’écart de prix entre deux devis de Scan to BIM.
  • Scan to BIM : deux technologies, deux précisions. Scanner statique : 1 à 5 mm. Scanner dynamique ou mobile : 5 à 20 mm. Le second est bien plus rapide, mais il ne convient pas à tous les usages.
  • Ordres de grandeur d’un Scan to BIM : 10 à 30 DH/m² pour un projet simple, 50 à 80 DH/m² et plus pour un LOD élevé. Pour un bâtiment de 1 000 m², comptez 20 000 à 80 000 DH selon le niveau de détail.
  • Le facteur n° 1 du prix d’un Scan to BIM n’est ni la surface ni la technologie : c’est le niveau de détail demandé. Un LOD mal calibré peut doubler la facture sans rien vous apporter.
  • Le BIM n’est pas obligatoire au Maroc. Aucun texte ne l’impose à ce jour. Le ministère de l’Équipement l’encourage sur les marchés publics, et l’ISO 19650 s’installe progressivement comme référentiel.
  • Dix points à vérifier chez le prestataire de Scan to BIM avant de signer — de la technologie de scanning au support après livraison.
  • La loi qui régit la profession vise les levés « à toutes échelles et par tout procédé » : le scanner est un procédé, pas une exception au cadre.

Scan to BIM : le nuage de points n’est pas une maquette, la distinction qui explique tout

Commençons par là, parce que c’est la source de la quasi-totalité des malentendus commerciaux sur le Scan to BIM.

Le nuage de points est le résultat brut de l’acquisition : des dizaines de millions de points, chacun avec ses coordonnées X, Y, Z et souvent sa couleur. Il représente fidèlement ce qui existe — mais il ne comprend rien. Pour le logiciel, un mur, un poteau et une armoire sont indistinctement des amas de points.

La maquette BIM est un modèle où chaque élément est identifié et porteur d’informations : un mur sait qu’il est un mur, connaît son épaisseur, son matériau, son niveau. C’est cette intelligence qui permet d’extraire des quantitatifs, de détecter des conflits ou de gérer un patrimoine.

Les deux livrables du Scan to BIMNuage de pointsMaquette BIM
Comment on l’obtientAcquisition sur site + assemblage des stationsModélisation manuelle élément par élément, à partir du nuage
DuréeQuelques heures à quelques joursPlusieurs jours à plusieurs semaines
Ce qu’il permetMesurer, faire des coupes, comparer deux campagnesQuantifier, détecter des conflits, gérer un patrimoine, alimenter des études
Ce qu’il ne permet pasExtraire un métré automatiquementRien de plus que ce que son LOD contient
Part du budgetLa plus faibleLa plus élevée, et de loin

La question à poser à tout prestataire de Scan to BIM, mot pour mot. « Le prix comprend-il la modélisation, ou seulement l’acquisition et la livraison du nuage de points ? » Un devis à 18 000 DH pour un bâtiment de 1 000 m² est probablement un excellent prix — pour un nuage de points. Ce n’est simplement pas la même prestation que celle à 62 000 DH, qui comprend la maquette. Les deux offres peuvent être honnêtes ; c’est la comparaison qui ne l’est pas.

Quels sont les avantages du Scan to BIM pour les projets de construction au Maroc ?

Le Scan to BIM convertit les données d’un scan laser en une modélisation 3D détaillée d’un bâtiment existant, aboutissant à une maquette numérique précise utilisée pour la gestion et la planification des projets de construction ou de rénovation. Voici ce que le Scan to BIM apporte concrètement dans le contexte marocain.

BénéficeCe que cela signifie sur un projet réel
Précision accrueLes données capturées par le Scan to BIM permettent de créer des modèles détaillés de l’existant. Les erreurs de conception issues d’un relevé approximatif disparaissent, parce que l’information est exacte dès le départ
Amélioration de la collaborationArchitectes, ingénieurs et bureaux d’études travaillent sur une base commune. Les conflits entre lots se détectent à l’écran, pas sur le chantier
Réduction des coûts et des délaisLes problèmes se résolvent avant le démarrage des travaux. Ce sont les retouches en cours de chantier que l’on supprime — le poste le plus coûteux et le moins prévisible
Adaptation aux projets de rénovationC’est l’usage le plus fréquent au Maroc : les plans d’origine sont obsolètes ou introuvables. Le Scan to BIM fournit une représentation exacte de l’état actuel
Gestion des infrastructuresPour un exploitant, la maquette devient la mémoire de l’ouvrage : elle sert à la maintenance, aux extensions et aux réaménagements successifs

L’usage marocain dominant, et il n’est pas celui qu’on croit. Le BIM se vend comme un outil de conception neuve. Dans notre pratique, la demande de Scan to BIM vient très majoritairement de bâtiments existants dont les plans ont disparu : une usine à agrandir, un hôtel à rénover, un immeuble à régulariser. Le Scan to BIM y répond mieux que n’importe quelle méthode, parce qu’il reconstitue une réalité que personne n’a documentée. C’est le même problème que nous traitons dans notre article sur les plans et permis de construire perdus, avec un outil différent.

Le BIM et le Scan to BIM au Maroc en 2026 : où en est-on, est-ce obligatoire ?

Non. Il n’existe à ce jour aucune obligation légale d’utiliser le BIM au Maroc. Ni pour les projets privés, ni pour les marchés publics. Toute page qui vous annonce le contraire décrit une tendance, pas le droit applicable.

Cela dit, la trajectoire est nette, et il vaut mieux la connaître pour décider en connaissance de cause. Selon un état des lieux publié en 2026 par BIM Pioneers, l’adoption atteindrait environ 24 % du secteur de la construction marocaine, les trois quarts restants travaillant encore en 2D. Le ministère de l’Équipement encourage l’usage du BIM sur les projets de marchés publics, et l’ISO 19650, publiée par l’Organisation internationale de normalisation, s’impose progressivement comme référentiel. L’adoption reste concentrée sur les grands projets — gares, hôpitaux, tours, sites industriels — à Casablanca, Rabat et Tanger, tandis que les projets moyens traitent encore le Scan to BIM comme une option.

La norme de référence porte un titre précis, qu’il vaut la peine de lire en entier parce qu’il dit exactement ce dont il s’agit :

ISO 19650-1:2018 — Titre exact

« Organization and digitization of information about buildings and civil engineering works, including building information modelling (BIM) — Information management using building information modelling — Part 1: Concepts and principles »

Ce que ce titre vous apprend. Il ne parle pas de logiciel, ni de 3D, ni de Revit. Il parle de gestion de l’information : « information management using building information modelling ». C’est toute la différence entre acheter une maquette et organiser une donnée. Sur un marché qui référence l’ISO 19650, ce que l’on vous demande n’est pas un beau modèle — c’est une information structurée, nommée et échangeable selon des règles.

C’est votre premier projet en Scan to BIM ?

Alors commencez par une question que presque personne ne pose avant de signer : qui va se servir de la maquette, et pour faire quoi ? Tant que cette réponse n’est pas écrite, aucun devis n’a de sens — parce que le prix d’un Scan to BIM dépend entièrement de l’usage qu’on destine à la maquette, et pas du bâtiment.

Nous voyons régulièrement des maîtres d’ouvrage payer une modélisation Scan to BIM très détaillée de la totalité d’un bâtiment, alors que leur besoin réel tenait en une phrase : connaître les hauteurs libres sous poutres pour savoir si une nouvelle ligne de production passe. Le scan était justifié ; la maquette complète, non. À l’inverse, nous voyons des projets où l’on a économisé sur la modélisation des réseaux, et où la première réunion de coordination a révélé que la seule information utile manquait.

Les quatre questions à trancher avant de demander un devis de Scan to BIM

La questionCe que votre réponse détermine
Qui exploitera la maquette ?Un architecte, un bureau d’études structure, un exploitant, un métreur ? Chacun a besoin d’objets différents. Un exploitant veut des équipements identifiés ; un structure veut des sections et des axes.
Dans quel logiciel, dans quelle version ?Le format natif et la version conditionnent la livraison. Un fichier produit dans une version plus récente que la vôtre ne s’ouvrira pas. C’est un incident banal et parfaitement évitable.
Quels lots faut-il modéliser ?Architecture seule, ou structure, ou fluides. Chaque lot ajouté est un modèle à produire, à vérifier et à coordonner avec les autres.
Quelle est la décision qui dépend de cette maquette ?C’est la question qui hiérarchise tout le reste. Une décision de faisabilité n’exige pas le même niveau qu’un dossier d’exécution.

Écrivez ces quatre réponses avant de consulter. Elles tiennent en dix lignes, et elles vous feront économiser bien plus que le temps qu’elles coûtent : elles rendent les devis de Scan to BIM comparables entre eux, ce qui est autrement impossible.

Le niveau de détail : ce que vous commandez réellement en Scan to BIM

Le niveau de détail, souvent désigné par l’abréviation LOD, est le curseur principal du prix d’un Scan to BIM. Il ne décrit pas la précision de la mesure — celle-là dépend du scan — mais la richesse de l’objet modélisé. Un mur peut être une simple paroi d’épaisseur moyenne, ou un composant multicouche avec ses matériaux, ses ouvertures cotées et ses propriétés thermiques renseignées. C’est le même mur sur le nuage de points ; ce n’est pas le même travail de modélisation, ni le même prix.

Le piège le plus coûteux du Scan to BIM : commander un niveau élevé sur la totalité du bâtiment. Dans presque tous les projets réels, un ou deux locaux justifient un niveau de détail élevé — la chaufferie, le local technique, la zone d’implantation d’une machine — et tout le reste se satisfait d’un niveau bien plus modeste. Un cahier des charges qui module le niveau par zone coûte sensiblement moins cher qu’un niveau uniforme, et livre une maquette plus utile. Exigez cette modulation ; peu de prestataires vous la proposeront spontanément.

Une précision de vocabulaire, parce qu’elle revient dans toutes les discussions contractuelles : les échelles de niveaux de détail (LOD 100, 200, 300, 350, 400, 500) proviennent de référentiels professionnels nord-américains, et coexistent avec d’autres découpages selon les pays et les documents. Il n’existe pas de définition marocaine officielle et opposable de ces niveaux. Conséquence pratique : ne vous contentez jamais d’écrire « LOD 300 » dans un marché. Décrivez en clair, élément par élément, ce que vous voulez voir modélisé et avec quelles informations attachées. Un tableau de trois colonnes vaut mieux qu’un sigle.

Scan to BIM : ce qui se passe entre le scan et la maquette

Comprendre la chaîne de production du Scan to BIM, c’est comprendre où part l’argent — et donc savoir sur quoi négocier. Voici les six étapes, dans l’ordre, avec ce qui peut mal tourner à chacune.

  1. La reconnaissance et le plan de stationnement. On repère les cheminements, les zones inaccessibles, les besoins d’éclairage et les autorisations d’accès. Cette étape se fait avant l’intervention, et son escamotage est la première cause de retour sur site — facturé.
  2. L’acquisition. Le scanner enregistre depuis une succession de stations. Chaque station voit ce qu’elle voit : ce qui est masqué reste masqué. Le nombre de stations est un choix technique, pas une variable d’ajustement commerciale.
  3. La consolidation. On assemble les stations entre elles en un nuage unique. La qualité de cet assemblage se mesure : c’est le premier chiffre à demander dans le rapport de traitement.
  4. Le rattachement. On cale le nuage sur le système de référence national, en planimétrie comme en altimétrie. Sans cette étape, votre nuage ne se superpose ni au plan foncier, ni au plan d’aménagement, ni au projet de l’architecte. C’est l’étape la plus souvent omise et la plus coûteuse à rattraper.
  5. Le nettoyage. On retire les points parasites : les personnes qui passaient, les véhicules, le bruit de mesure sur les surfaces réfléchissantes. Un nuage non nettoyé est exploitable, mais il fait perdre du temps à tout le monde ensuite.
  6. La modélisation. Un opérateur reconstruit des objets à partir des points. C’est ici que se trouve l’essentiel du coût — et c’est du travail humain, pas de la conversion automatique. Aucun logiciel ne transforme aujourd’hui un nuage en maquette exploitable sans intervention.

La conséquence économique de cette chaîne. Le scan est une dépense largement prévisible : elle dépend de la surface, de l’accessibilité et du nombre de stations. La modélisation, elle, dépend de ce que vous demandez. Deux devis de Scan to BIM qui affichent le même total peuvent recouvrir un scan sommaire suivi d’une modélisation soignée, ou l’inverse. Faites toujours séparer les deux lignes. C’est la première chose que nous demandons lorsqu’on nous soumet un devis concurrent à décrypter.

Scan to BIM : ce que le scanner ne verra pas, et qu’il faudra relever autrement

Un scanner mesure ce que sa lumière atteint. Tout le reste doit être obtenu par un autre moyen — ou reste inconnu. Le dire avant l’intervention évite une déception à la livraison, et c’est un point sur lequel nous sommes systématiquement explicites dans nos propositions.

Invisible au scannerComment on l’obtient
Ce qui est derrière un faux plafond ou un doublageTrappes de visite ouvertes pendant l’intervention, ou relevé complémentaire ciblé
L’intérieur des gaines, l’âme des murs, les armaturesSondages, plans d’origine s’ils existent, méthodes non destructives
Les réseaux enterrésDétection de réseaux, plans des concessionnaires, ouverture de regards
Les zones encombrées ou occupées le jour du scanDégagement préalable, ou seconde intervention — à chiffrer d’avance
La nature d’un matériau, l’état d’un ouvrageConstat visuel documenté, diagnostic technique par un intervenant qualifié
Les surfaces vitrées, très sombres ou très réfléchissantesMesure directe complémentaire ; le point laser y est bruité ou absent

Faites figurer ce tableau, adapté à votre bâtiment, en annexe de votre consultation. Il transforme une réclamation future en une ligne budgétaire présente.

Combien coûte réellement une prestation de Scan to BIM ?

Nous ne publions pas de grille tarifaire, et ce n’est pas une dérobade : un prix au mètre carré sans périmètre écrit ne veut rien dire, et les grilles que l’on trouve en ligne servent surtout à faire entrer le client dans une discussion dont il ne maîtrise aucun paramètre. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est vous donner la structure exacte du coût d’un Scan to BIM, poste par poste, pour que vous sachiez ce que vous comparez et où se cachent les écarts.

Les six facteurs qui font varier un devis de Scan to BIM du simple au quadruple

FacteurEffet sur le prixCe que vous pouvez faire
Le niveau de détail demandéC’est le premier levier, et de loin. Le passage d’une modélisation d’enveloppe à une modélisation d’exécution multiplie le temps de production.Moduler le niveau par zone plutôt que l’imposer partout
Le nombre de lots modélisésArchitecture, structure, fluides : chaque lot est un modèle distinct, avec sa vérification et sa coordination.Ne commander que les lots dont une décision dépend
L’accessibilité et l’occupationUn site en exploitation, avec des créneaux de nuit ou de week-end, coûte plus qu’un site vide. Les zones encombrées imposent des stations supplémentaires.Dégager, ouvrir les trappes, planifier une plage libre
La complexité géométriqueDix étages identiques ne coûtent pas dix fois un étage. Une géométrie irrégulière, des voûtes, du patrimoine ancien : si.Signaler la répétitivité, elle joue en votre faveur
Les exigences de structurationConvention de nommage imposée, familles paramétriques, paramètres partagés à renseigner, export IFC contrôlé : du travail invisible sur une image, réel sur une facture.N’imposer que les conventions que vous exploiterez
Le rattachement et les contrôlesRattachement au système national, points de contrôle indépendants, rapport de précision : c’est ce qui rend la maquette opposable.Ne jamais l’économiser — c’est le poste le plus rentable

Les six lignes qui doivent figurer sur un devis Scan to BIM

  1. L’acquisition — nombre de journées d’intervention prévues, nombre approximatif de stations, et prix d’une journée supplémentaire si le site s’avère plus long à couvrir.
  2. Le traitement du nuage — consolidation, nettoyage, rattachement, avec la livraison d’un rapport de traitement chiffré.
  3. La modélisation, ventilée par lot — une ligne par lot, jamais un forfait global qui empêche toute comparaison.
  4. Les livrables et leurs formats — liste nominative : nuage brut, nuage consolidé, formats d’échange, maquette native avec sa version de logiciel, plans 2D extraits, coupes, nombre d’exemplaires papier signés.
  5. La procédure de recette — comment vous vérifiez, dans quel délai vous formulez vos réserves, et ce qui se passe si un écart est constaté après acceptation.
  6. Le signataire — nom et numéro d’inscription au tableau de l’ONIGT, pas seulement le nom commercial du cabinet.

Ce dernier point n’est pas une formalité administrative. Un document topographique engage la responsabilité personnelle d’un professionnel identifiable, et la loi le formule sans ambiguïté :

Article 20 de la loi n° 30-93 relative à l’exercice de la profession d’ingénieur géomètre topographe et à l’institution de l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes

« Les documents établis par les sociétés visées à l’article 18 ci-dessus doivent porter, outre la signature sociale, la signature de l’ingénieur géomètre topographe qui a exécuté les travaux ou sous la direction duquel ils ont été exécutés. »

Concrètement : sur un rendu Scan to BIM produit par un cabinet, vous devez lire deux signatures, pas une. Celle de la société, et celle de la personne physique qui a exécuté les travaux ou les a dirigés. C’est cette seconde signature qui vous donne un interlocuteur nommé en cas de difficulté.

Les quatre pièges du devis de Scan to BIM le moins cher

Premier piège : la donnée d’entrée fournie par le client et non vérifiée. Certains devis de Scan to BIM modélisent à partir des plans que vous fournissez, en ne scannant qu’une partie du bâtiment. Le prix chute — et la maquette reproduit fidèlement les erreurs de vos anciens plans. C’est exactement ce que vous cherchiez à éviter.

Deuxième piège : le niveau de détail non écrit. Sans définition élément par élément, le prestataire livrera le niveau le plus économique compatible avec la commande. Il ne trichera pas : c’est vous qui n’aurez rien précisé.

Troisième piège : les exports non contractuels. La maquette est livrée dans un format natif, et les exports d’échange sont facturés ensuite, ou produits sans contrôle. Exigez que chaque format livrable soit nommé au devis.

Quatrième piège : les reprises facturées. Aucune procédure de recette n’est prévue, donc toute correction devient une prestation nouvelle. Faites écrire noir sur blanc que la reprise après observations est comprise.

Et gardez à l’esprit ce que la loi dit des honoraires d’un Ingénieur Géomètre Topographe, parce que cela vaut avertissement dans les deux sens :

Article 23 de la loi n° 30-93 relative à l’exercice de la profession d’ingénieur géomètre topographe et à l’institution de l’Ordre national des ingénieurs géomètres topographes

« Les ingénieurs géomètres-topographes exerçant à titre indépendant reçoivent, pour tous les travaux entrant dans leurs attributions, des honoraires qui sont exclusifs de toute autre rémunération même indirecte, d’un tiers à quelque titre que ce soit.

Ces honoraires doivent constituer la juste rémunération du travail fourni. Leur montant est convenu librement avec les clients, sous réserve qu’ils soient justes et mesurés.

Ceux qui sont salariés d’un confrère ou d’une société d’ingénieurs géomètres-topographes perçoivent de leur employeur une rémunération pour leurs travaux exclusive de toute autre rémunération.

Ceux qui sont directeurs du département topographique d’une société à activités multiples effectuant accessoirement la profession d’ingénieur géomètre-topographe perçoivent de leur employeur une rémunération pour leurs travaux exclusive de toute autre rémunération. »

Le deuxième alinéa se lit dans les deux sens. Un tarif anormalement bas ne signale pas une bonne affaire : il signale une prestation amputée quelque part — moins de stations, pas de rattachement, un niveau de détail rabaissé, ou un signataire qui n’a pas la qualité requise. La seconde phrase, elle, interdit toute rétrocommission à un apporteur d’affaires.

Pourquoi les prix du Scan to BIM sont-ils plus élevés que ceux du 2D ?

Parce qu’on ne compare pas la même chose. Un relevé 2D produit un dessin : des traits, des cotes, une échelle. Un Scan to BIM produit une base de données géométrique dans laquelle chaque objet sait ce qu’il est, où il commence, où il finit, et à quoi il se raccorde. Le premier se lit ; le second se calcule, s’interroge et se met à jour.

Ce que vous payez en plusCe que vous obtenez en échange
Un matériel d’acquisition sensiblement plus coûteux, et son étalonnageUne couverture exhaustive du volume, et non les seules cotes que l’opérateur a pensé à prendre
Le temps de traitement du nuage — consolidation, nettoyage, rattachementUn document mesuré, daté, rattaché, qu’on peut réinterroger dix ans plus tard sans retourner sur site
Le temps de modélisation, qui est du travail humainDes objets porteurs d’information, exploitables en quantitatif et en coordination
Les exigences de structuration et de nommageUne donnée que le prochain intervenant peut reprendre sans tout redessiner
Le contrôle qualité et le rapport de précisionUne pièce opposable, pas une impression d’écran

Quand le 2D suffit plutôt qu’un Scan to BIM — et nous le disons

Il serait malhonnête de prétendre que le Scan to BIM s’impose partout. Dans plusieurs situations, un relevé 2D bien fait est la bonne réponse, et payer davantage n’apporte rien.

Le 2D suffit lorsque le besoin est une surface, un plan de vente, un dossier administratif, un plan de situation ou de masse, un relevé de local commercial, ou une pièce destinée à une seule décision ponctuelle. Il suffit aussi lorsque personne, dans la chaîne, ne dispose d’un logiciel capable d’exploiter une maquette — et c’est encore fréquent.

Le Scan to BIM devient rentable dès que plusieurs intervenants doivent travailler sur la même donnée, que le bâtiment sera modifié, que des quantitatifs seront extraits, ou que l’exploitation ultérieure du bâtiment est en jeu. Le seuil n’est pas une surface : c’est un nombre d’utilisateurs et une durée de vie de la donnée.

Si votre besoin relève du premier cas, dites-le nous : nous vous proposerons un relevé de bâtiment classique plutôt qu’un Scan to BIM, et vous n’aurez pas payé une technologie dont vous n’aviez pas l’usage.

Pourquoi votre maquette Scan to BIM doit être rattachée, et pas seulement précise

C’est le point le plus souvent négligé, et celui qui coûte le plus cher à rattraper. Une maquette Scan to BIM peut être parfaitement précise en interne — toutes les distances entre deux points du bâtiment sont exactes — et totalement inexploitable parce qu’elle n’est calée sur rien. Ce sont deux qualités indépendantes, et un devis peut promettre la première en omettant la seconde.

Trois précisions à ne jamais confondre.

La précision de mesure du point : ce que l’appareil garantit sur une distance mesurée, dans les conditions du constructeur. C’est la valeur affichée dans les documentations commerciales, et c’est la moins utile des trois.

La précision de consolidation : l’écart résiduel entre les stations une fois assemblées. Elle dit si le nuage tient debout. Elle figure dans le rapport de traitement — demandez-la.

La précision de rattachement : l’écart entre le nuage et le système de référence national. C’est elle qui détermine si votre maquette se superpose au plan foncier délivré par l’Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, au plan d’aménagement et au projet de l’architecte. C’est la seule qui compte pour une décision administrative.

Ce que cela change concrètement : sans rattachement, vous ne pouvez pas vérifier un recul par rapport à la limite de propriété, vous ne pouvez pas contrôler une emprise sur le plan d’aménagement, vous ne pouvez pas superposer deux campagnes de scan faites à un an d’intervalle, et vous ne pouvez pas confronter la maquette au plan autorisé. Le rattachement n’est pas un supplément technique : c’est ce qui fait passer votre fichier du statut d’image à celui de document.

Le rattachement se fait en deux dimensions distinctes, et il faut les demander toutes les deux. En planimétrie, le nuage est calé sur le système de coordonnées national et sa zone de projection. En altimétrie, les cotes sont rattachées au nivellement général — sans quoi vos altitudes sont des valeurs de chantier, arbitraires, qui ne se comparent à rien.

Le symptôme qui doit vous alerter. Vous ouvrez la maquette et le bâtiment se trouve à quelques mètres — ou quelques dizaines de mètres — du fond de plan foncier. Ou bien il est au bon endroit, mais légèrement tourné. Un décalage constant révèle en général un problème de calage ou de datum ; une rotation révèle un problème d’orientation ; un écart qui grandit avec la distance révèle un problème d’échelle ou de zone de projection. Dans les trois cas, la correction se fait en amont, sur le nuage — pas en déplaçant la maquette à la main, ce qui ne fait que masquer le défaut.

Comment recevoir une maquette Scan to BIM : la recette en cinq contrôles

Recevoir une maquette Scan to BIM n’est pas l’ouvrir et la trouver belle. C’est vérifier cinq choses, dans cet ordre, avant de verser le solde. Aucune ne demande de compétence en modélisation : elles demandent seulement de savoir quoi regarder.

  1. Le rapport de traitement existe et porte des chiffres. Écart de consolidation, écart de rattachement, nombre de stations, points de contrôle indépendants. Un rapport sans chiffre n’est pas un rapport.
  2. La maquette s’ouvre chez vous. Dans votre version de logiciel, sans message d’erreur, et l’export d’échange s’ouvre aussi. Testez-le le jour de la livraison, pas trois mois plus tard.
  3. Les coordonnées sont bonnes. Superposez la maquette à un fond de plan que vous connaissez. Prenez deux points éloignés, comparez les distances. C’est un contrôle de dix minutes qui détecte les trois quarts des problèmes.
  4. Le contenu correspond à la commande. Reprenez votre tableau de niveau de détail élément par élément et pointez-le. Les objets sont-ils bien des objets, ou de simples volumes sans information ?
  5. Le nuage de points est livré, lui aussi. C’est votre mesure, votre archive et votre recours. Si un doute survient dans deux ans, c’est au nuage qu’on retourne, pas à la maquette. Ne l’abandonnez jamais chez le prestataire.

Formulez vos réserves par écrit, à la remise. Un document accepté sans réserve est accepté, et le versement du solde vaut acceptation. Un simple courriel daté suffit à conserver vos droits. C’est cette trace qui sera examinée si la discussion doit un jour être portée devant le conseil régional de l’Ordre.

Un devis Scan to BIM sur votre bureau, et aucun moyen de savoir s’il est bon ?

Envoyez-le nous. Nous vous dirons ce qu’il couvre réellement, ce qu’il omet, et quelles trois lignes il manque pour que vous puissiez le comparer à un autre. Écrivez à [email protected] — la lecture d’un devis ne se facture pas.

Comment contrôler les livrables d’un Scan to BIM à la réception ?

Une maquette numérique issue d’un Scan to BIM est un livrable qu’on ne peut pas juger à l’œil. Elle peut paraître irréprochable à l’écran et se révéler inexploitable dès qu’on la superpose à un fond de plan. Voici ce qu’il faut ouvrir, mesurer et comparer avant de verser le solde.

Les sept vérifications qui valent pour tout document topographique

À vérifierCe que vous devez voirPourquoi
Le cartoucheNom, cachet et numéro d’inscription au tableau de l’ONIGT de l’Ingénieur Géomètre Topographe signataire, date, échelle, indice de révision.C’est ce qui identifie le responsable. Un plan sans numéro d’inscription lisible n’est pas recevable
La double signatureSi vous traitez avec une société : la signature sociale et la signature personnelle de l’Ingénieur Géomètre Topographe qui a exécuté le travail.C’est une exigence de la loi — voir l’extrait ci-dessous
Le code QR du contratPrésent, et scanné avant le versement du solde.C’est votre voie de réclamation auprès du conseil régional de l’Ordre
Le rattachementLe document indique-t-il explicitement le système de référence national et la projection utilisée ?Des coordonnées sans système déclaré ne se superposent à rien
Les références foncièresNuméro du titre foncier ou de la réquisition, indice, superficie inscrite — recopiés depuis votre certificat de propriété.Une erreur d’un caractère sur l’indice fait rejeter le dépôt
L’orientation, l’échelle, la légendeNord, échelle graphique (et non seulement numérique), légende complète.L’échelle graphique reste juste après photocopie ou réduction, l’échelle numérique non
Les formats livrésLes fichiers natifs (DWG ou DXF) en plus des PDF, et le nombre d’exemplaires papier signés convenu.Sans les natifs, le prochain intervenant redessine tout et vous le refacture

Le deuxième point mérite une précision, parce qu’il est très souvent négligé quand on traite avec une société :

Article 20 de la loi n° 30-93 — Responsabilité personnelle du signataire

« La responsabilité civile des sociétés d’ingénieurs géomètres-topographes laisse subsister la responsabilité personnelle de chaque membre en raison des travaux qu’il est amené à exécuter lui-même pour le compte de ces sociétés lesdits travaux devant être assortis de sa signature personnelle ainsi que de la signature sociale de la société. »

Vos documents doivent donc porter deux signatures : celle de la société et celle, personnelle, de l’Ingénieur Géomètre Topographe qui a exécuté le travail. C’est cette seconde signature qui vous garantit un responsable identifiable, et c’est elle qui fonde le recours devant l’Ordre.

Les vérifications propres à une prestation de Scan to BIM

Point de contrôleLa question à poserCe qui se passe sinon
Le rapport de traitementPorte-t-il des chiffres : écart de consolidation, écart de rattachement, nombre de stations, points de contrôle indépendants ?Un rapport sans valeur numérique ne prouve rien et n’engage personne
L’ouverture chez vousLa maquette et son format d’échange s’ouvrent-ils dans VOTRE version de logiciel, sans message d’erreur ?Un fichier produit dans une version plus récente ne s’ouvrira pas, et cela se découvre toujours trop tard
La superposition au fond de planEn superposant la maquette à un plan que vous connaissez, le bâtiment tombe-t-il au bon endroit et dans la bonne orientation ?Un décalage constant, une rotation ou un écart croissant révèlent trois défauts de calage différents
La conformité au niveau de détail commandéEn reprenant votre tableau élément par élément, les objets sont-ils bien des objets porteurs d’information, ou de simples volumes ?C’est le seul contrôle qui rend l’écart démontrable, et il suppose que le tableau ait été écrit avant
La livraison du nuage de pointsLe nuage brut et le nuage consolidé sont-ils livrés, en plus de la maquette ?C’est votre mesure, votre archive et votre recours : sans lui, vous restez captif du prestataire

Le réflexe qui change tout : formulez vos réserves par écrit, à la remise. Un document accepté sans réserve est un document accepté. Si un point manque ou vous paraît douteux, écrivez-le — un courriel daté suffit — en listant précisément ce que vous attendez. Vous conservez ainsi la trace, et la correction se fait dans le cadre de la mission plutôt qu’en supplément. C’est aussi cette trace qui sera examinée si vous saisissez un jour le conseil régional de l’Ordre.

Que demander dans un devis de Scan to BIM, et qu’est-ce qui est vraiment inclus ?

La plupart des mauvaises surprises ne viennent pas du prix affiché. Elles viennent de ce que le prix ne couvrait pas. Un devis de Scan to BIM doit répondre à deux séries de questions : que va-t-on me remettre, et jusqu’où va-t-on m’accompagner.

Les huit éléments à exiger sur le devis de Scan to BIM

  1. Le nom et le numéro d’inscription au tableau de l’ONIGT de l’Ingénieur Géomètre Topographe qui signera. Pas seulement le nom commercial du cabinet : c’est la personne inscrite qui engage sa responsabilité.
  2. L’objet précis de la mission, rattaché à la référence foncière du bien et à sa finalité administrative. Fuyez les formulations générales du type « travaux topographiques ».
  3. La liste nominative des livrables : nature, nombre d’exemplaires papier, formats numériques, échelle, système de référence.
  4. Le délai et son point de départ daté — réception de l’acompte, remise de vos pièces, obtention de l’accès au terrain — en distinguant le délai du cabinet du délai des administrations.
  5. Trois lignes de prix séparées : honoraires, frais de déplacement et de mobilisation, droits versés à des tiers. Fondues en une ligne, elles rendent toute comparaison impossible.
  6. L’attestation d’assurance de responsabilité civile professionnelle, avec sa référence de police.
  7. Les conditions de rupture et le sort des prestations déjà exécutées, idéalement avec un découpage de la mission en phases chiffrées.
  8. Le contrat à code QR, édité sur la plateforme de l’Ordre National des Ingénieurs Géomètres Topographes, à lire avant toute signature.

Sur le sixième point, sachez que vous êtes fondé en droit à réclamer l’attestation : la loi en fait une condition préalable à l’exercice, et non une courtoisie commerciale.

Article 19 de la loi n° 30-93 — Assurance de responsabilité civile professionnelle

« Les ingénieurs géomètres-topographes exerçant à titre privé sont tenus, pour garantir la responsabilité civile qu’ils peuvent encourir en raison des travaux mentionnés au premier alinéa de l’article premier de la présente loi, de souscrire une police d’assurance.

A cette fin, l’ingénieur géomètre-topographe avant d’accomplir aucun acte professionnel, est tenu de fournir à l’ordre : — s’il exerce à titre indépendant ou d’associé au sein d’une société d’ingénieurs géomètres-topographes, un certificat attestant qu’il a souscrit une assurance couvrant tous les risques résultant de sa responsabilité ; — s’il exerce en qualité de salarié d’un confrère ou d’une société d’ingénieurs géomètres-topographes, un certificat attestant que sa responsabilité est couverte par une assurance souscrite par son employeur ; — s’il exerce en qualité de directeur de département topographique d’une société à activités multiples effectuant accessoirement la profession d’ingénieur géomètre-topographe, un certificat attestant que sa responsabilité est couverte par une assurance souscrite par son employeur. »

La question à poser mot pour mot : « qu’est-ce qui est inclus ? »

C’est ici que se creuse l’écart entre deux devis apparemment comparables. Un plan livré est une chose ; un dossier accompagné jusqu’à la décision de l’administration en est une autre, et ce n’est pas le même métier. Passez cette liste en revue, point par point, avant de signer.

PosteLa question exacte à faire trancher
Les réunions avec vousCombien de réunions de calage et de restitution sont comprises, et à quel prix les suivantes
Les réunions avec l’architecte et le bureau d’étudesQui transmet quoi, sous quel format, et combien de séances de coordination sont incluses
Le dépôt du dossierQui dépose physiquement, et qui avance les droits versés à l’administration
Le suivi jusqu’à la décisionLa mission s’arrête-t-elle à la livraison du plan, ou va-t-elle jusqu’à la décision de l’administration ?
La reprise après observationsSi l’administration formule des observations, la correction et le nouveau dépôt sont-ils compris ou refacturés ?
Les déplacements et la mobilisationCombien d’interventions sur site sont prévues, et que coûte une intervention supplémentaire
Les exemplaires supplémentairesLe prix d’un tirage signé au-delà du nombre convenu
Les droits versés à des tiersConservation foncière, commune, ANCFCC : en ligne séparée, jamais fondus dans les honoraires
Le rattachement au système nationalLe calage en planimétrie ET en altimétrie est-il compris, avec son rapport chiffré, ou facturé en option ?
Les exports d’échangeChaque format livrable est-il nommé au devis, ou seul le format natif est-il contractuel ?

Notre position, écrite noir sur blanc. Chez nous, la mission ne s’arrête pas à la livraison du plan : elle va jusqu’à la décision de l’administration. Les réunions de calage avec vous et avec votre architecte sont comprises, le dépôt et le suivi le sont également, et la reprise du dossier après observations de l’administration ne fait l’objet d’aucune facturation supplémentaire. Les droits versés à des tiers figurent en ligne séparée, au dirham près. Si un devis de Scan to BIM concurrent est moins cher, comparez d’abord ces lignes-là : c’est presque toujours là qu’est la différence.

Un dernier mot sur le prix d’un Scan to BIM. La loi laisse les honoraires libres, mais elle les encadre : ils « doivent constituer la juste rémunération du travail fourni » et leur montant « est convenu librement avec les clients, sous réserve qu’ils soient justes et mesurés ». Un tarif anormalement bas n’est donc pas une bonne affaire : soit la prestation sera amputée, soit elle sera exécutée par quelqu’un qui n’a pas qualité pour signer.

Foire Aux Questions (FAQ)

Que vérifier à la réception d’une maquette Scan to BIM ?

Cinq contrôles, dans cet ordre, et aucun ne demande de compétence en modélisation. Le rapport de traitement doit exister et porter des chiffres : consolidation, rattachement, nombre de stations. La maquette et son format d’échange doivent s’ouvrir dans votre propre version de logiciel, testé le jour de la livraison. La superposition à un fond de plan connu doit tomber juste — prenez deux points éloignés et comparez les distances. Le contenu doit correspondre, élément par élément, au tableau de niveau de détail annexé à votre commande. Et le nuage de points doit être livré, brut et consolidé, en plus de la maquette.

Que faire préciser dans un devis Scan to BIM ?

Six lignes séparées sur le devis de Scan to BIM, jamais un forfait global. L’acquisition, avec le nombre de journées prévues et le prix d’une journée supplémentaire. Le traitement du nuage, incluant explicitement le rattachement au système national. La modélisation ventilée par lot, une ligne par lot. La liste nominative des livrables avec leurs formats et la version du logiciel. La procédure de recette, avec le délai de formulation des réserves et le sort des reprises. Et le nom du signataire avec son numéro d’inscription au tableau de l’ONIGT, pas seulement le nom commercial du cabinet.

Qu’est-ce que le Scan to BIM, en une phrase ?

Le Scan to BIM est le processus qui consiste à mesurer un bâtiment existant au scanner laser, puis à reconstruire à partir de cette mesure une maquette numérique dans laquelle chaque élément est un objet identifié — un mur, une poutre, une porte — et non un simple trait. La première moitié du travail est une mesure ; la seconde est une modélisation, faite par un opérateur. Aucun logiciel ne convertit aujourd’hui automatiquement un nuage de points en maquette exploitable, et c’est précisément pourquoi la seconde moitié représente l’essentiel du coût.

En Scan to BIM, le nuage de points est-il déjà une maquette 3D ?

Non, et c’est la confusion la plus coûteuse du Scan to BIM. Un nuage de points est un ensemble de millions de points mesurés, chacun avec ses coordonnées. Il ne sait pas ce qu’est un mur. On peut y prendre des mesures, en extraire des coupes, le visiter — mais on ne peut pas lui demander le nombre de portes, la surface d’un local ou le volume de béton d’un poteau. C’est une mesure, pas un modèle. Passer de l’un à l’autre est un travail humain, facturé au temps passé.

Le BIM et le Scan to BIM sont-ils obligatoires au Maroc en 2026 ?

Non. Il n’existe à ce jour aucune obligation légale d’utiliser le BIM au Maroc, ni pour les projets privés, ni pour les marchés publics. L’usage progresse — encouragé sur certains grands projets publics, et structuré par le référentiel ISO 19650 — mais il reste un choix contractuel, pas une contrainte réglementaire. Si un interlocuteur vous présente le BIM comme obligatoire, demandez-lui le texte : il n’y en a pas. En revanche, un maître d’ouvrage peut parfaitement l’imposer dans son propre marché, et c’est alors le marché qui vous engage.

Combien coûte une maquette BIM au Maroc, et comment comparer deux devis de Scan to BIM ?

Nous ne publions pas de grille, parce qu’un prix au mètre carré sans périmètre écrit n’a aucun sens : le même bâtiment peut faire l’objet de devis allant du simple au quadruple selon le niveau de détail, le nombre de lots modélisés, l’accessibilité du site et les exigences de structuration. Ce qui est utile, c’est de faire ventiler le devis en six lignes — acquisition, traitement du nuage, modélisation par lot, livrables et formats, procédure de recette, signataire — et de comparer ces lignes entre elles. Deux devis au même total peuvent recouvrir des prestations radicalement différentes.

Pourquoi le Scan to BIM coûte-t-il plus cher qu’un relevé 2D ?

Parce que ce ne sont pas les mêmes livrables. Un relevé 2D produit un dessin : des traits, des cotes, une échelle. Un Scan to BIM produit une base de données géométrique dans laquelle chaque objet porte de l’information, se calcule et se met à jour. Vous payez en plus un matériel d’acquisition coûteux, le traitement du nuage, le rattachement, et surtout le temps humain de modélisation. En échange, la donnée est exhaustive, réinterrogeable des années plus tard, et exploitable par plusieurs intervenants simultanément.

Dans quels cas un simple relevé 2D suffit-il, plutôt qu’un Scan to BIM ?

Quand le besoin est une surface, un plan de vente, un dossier administratif, un plan de situation ou de masse, un relevé de local commercial, ou toute pièce destinée à une décision ponctuelle et unique. Le 2D suffit aussi lorsque aucun intervenant de la chaîne ne dispose d’un logiciel capable d’exploiter une maquette, ce qui reste fréquent. Le seuil de bascule vers le Scan to BIM n’est pas une surface : c’est le nombre de personnes qui vont travailler sur la même donnée, et la durée pendant laquelle cette donnée devra vivre.

Qu’est-ce que le niveau de détail, ou LOD, en Scan to BIM ?

C’est la richesse de l’objet modélisé, et non la précision de la mesure — deux choses souvent confondues. Un mur peut être une paroi d’épaisseur moyenne, ou un composant multicouche avec ses matériaux et ses propriétés renseignées : c’est le même mur sur le nuage, ce n’est pas le même prix. Attention : les échelles LOD 100 à 500 viennent de référentiels professionnels étrangers et il n’existe pas de définition marocaine officielle et opposable. N’écrivez donc jamais « LOD 300 » seul dans un marché ; décrivez élément par élément ce que vous voulez voir modélisé.

Que veut dire « maquette rattachée » en Scan to BIM, et pourquoi est-ce essentiel ?

Une maquette rattachée est calée sur le système de référence national, en planimétrie comme en altimétrie. Sans ce calage, elle peut être parfaitement exacte en interne et pourtant inexploitable : vous ne pouvez ni vérifier un recul par rapport à la limite de propriété, ni contrôler une emprise sur le plan d’aménagement, ni superposer deux campagnes de scan faites à un an d’intervalle, ni la confronter au plan autorisé. C’est le rattachement qui fait passer votre fichier du statut d’image à celui de document.

Quelles sont les trois précisions à ne pas confondre ?

La précision de mesure du point, qui est la valeur annoncée par le constructeur de l’appareil et la moins utile des trois. La précision de consolidation, qui est l’écart résiduel entre les stations une fois assemblées et qui dit si le nuage tient debout. Et la précision de rattachement, qui est l’écart entre le nuage et le système national — la seule qui compte pour une décision administrative. Un devis de Scan to BIM peut promettre la première tout en omettant la troisième. Demandez les trois dans le rapport de traitement.

Que ne verra pas le scanner dans mon bâtiment ?

Tout ce que sa lumière n’atteint pas : ce qui est derrière un faux plafond ou un doublage, l’intérieur des gaines, l’âme des murs, les armatures, les réseaux enterrés, les zones encombrées ou occupées le jour de l’intervention. Les surfaces vitrées, très sombres ou très réfléchissantes donnent également des points bruités ou absents. Chacun de ces éléments doit être obtenu autrement — trappes ouvertes, sondages, plans de concessionnaires, mesure directe complémentaire — et cela se chiffre avant l’intervention, pas après.

Faut-il exiger la livraison du nuage de points après un Scan to BIM, ou la maquette suffit-elle ?

Exigez toujours le nuage, brut et consolidé. C’est votre mesure, votre archive et votre recours : si un doute survient dans deux ans sur une cote de la maquette, c’est au nuage qu’on retourne, pas au modèle. Le nuage vous permet aussi de faire produire par un autre prestataire un complément de modélisation, sans refaire l’acquisition. Un prestataire qui conserve le nuage vous rend captif ; faites-le figurer dans la liste nominative des livrables au devis.

Comment préparer mon site avant une intervention de Scan to BIM ?

Dégagez les zones à relever, ouvrez les trappes de visite et les locaux techniques, prévoyez un éclairage suffisant, obtenez les autorisations d’accès pour toutes les parties concernées, et réservez une plage où l’activité est réduite. Chaque local fermé le jour de l’intervention est un local non relevé, et son relevé ultérieur est une seconde intervention facturée. Une visite de reconnaissance préalable, même brève, règle presque toujours ces questions et se rentabilise immédiatement.

Peut-on faire du Scan to BIM sur un bâtiment en exploitation ?

Oui, et c’est même le cas le plus fréquent : usine en production, hôtel en activité, immeuble occupé. L’acquisition Scan to BIM ne nécessite ni coupure ni arrêt, mais elle demande une organisation — créneaux horaires, accompagnement, parfois travail de nuit ou de week-end — qui a un coût, à chiffrer d’avance. Le passage de personnes ou de véhicules pendant le scan n’est pas un problème en soi : ces points parasites sont retirés au nettoyage. Ce qui pose problème, ce sont les locaux inaccessibles et les zones encombrées.

Qui doit signer les documents issus d’une prestation Scan to BIM ?

Un Ingénieur Géomètre Topographe inscrit au tableau de l’ONIGT. Lorsque la prestation est réalisée par une société, l’article 20 de la loi n° 30-93 impose deux signatures : la signature sociale, et celle de l’ingénieur géomètre topographe qui a exécuté les travaux ou sous la direction duquel ils ont été exécutés. Vérifiez la présence du numéro d’inscription au tableau dans le cartouche : c’est ce numéro qui vous donne un interlocuteur nommé, et une voie de réclamation devant le conseil régional de l’Ordre.

À quoi sert concrètement la maquette Scan to BIM une fois livrée ?

À quatre choses, par ordre de fréquence dans nos dossiers. Extraire des quantitatifs fiables pour chiffrer des travaux sur existant. Coordonner plusieurs lots et détecter les conflits avant le chantier plutôt que pendant. Étudier des scénarios d’aménagement ou d’implantation d’équipement sur une base mesurée et non supposée. Et servir de référence à l’exploitation du bâtiment, en particulier lorsque les plans d’origine ont disparu. Si aucun de ces quatre usages ne correspond à votre besoin, un relevé 2D bien fait vous coûtera moins cher et vous servira autant.

Que faire si la maquette Scan to BIM livrée ne correspond pas à ma commande ?

Formulez vos réserves par écrit, à la remise, avant de verser le solde — un courriel daté suffit. Un document accepté sans réserve est réputé accepté, et le paiement du solde vaut acceptation. Appuyez-vous sur le tableau de niveau de détail annexé à votre commande : c’est lui qui rend l’écart démontrable, et c’est pourquoi il faut l’écrire avant. Si la discussion n’aboutit pas, la voie de recours passe par le conseil régional de l’Ordre, et le code QR du contrat en est la porte d’entrée.

Conclusion

Le Scan to BIM est vendu comme une technologie. C’est en réalité un choix économique : vous décidez de payer une fois pour une donnée que plusieurs intervenants exploiteront pendant des années, plutôt que de payer plusieurs fois pour des relevés partiels qui ne se parlent pas. Formulé ainsi, le calcul devient simple — et il ne penche pas toujours du même côté.

Retenez trois choses avant de signer un Scan to BIM. Le nuage n’est pas la maquette : entre les deux, il y a un travail humain qui constitue l’essentiel du prix, et c’est sur cette ligne que se jouent les écarts entre devis. Le niveau de détail se décrit, il ne s’abrège pas en sigle : un tableau élément par élément vaut mieux que « LOD 300 », qui n’a aucune définition opposable au Maroc. Et le rattachement n’est pas une option : c’est lui qui fait la différence entre un fichier joli et un document utilisable devant une administration.

Enfin, un réflexe qui coûte dix minutes et qui a déjà sauvé plusieurs de nos clients : le jour de la livraison, ouvrez la maquette et superposez-la à un fond de plan que vous connaissez. Prenez deux points éloignés, comparez les distances. Si quelque chose cloche, c’est le moment de le dire — pas six mois plus tard, quand le solde est versé et le chantier engagé.

À découvrir :

À propos. Hexagon GeoSurveys SARL AU est un cabinet de topographie, de géomatique et d’expertise immobilière établi à Casablanca, dirigé par Ali Tahiri, Ingénieur Géomètre Topographe inscrit au tableau de l’Ordre National des Ingénieurs Géomètres Topographes (ONIGT) et Expert Judiciaire près la Cour d’appel de Casablanca. Nous intervenons dans l’ensemble du Royaume : relevé 3D par scanner laser, Scan to BIM et modélisation, relevé de bâtiments et de façades, rattachement et contrôle topographique, plans de récolement et expertise foncière.

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Vos questions

Ce que les propriétaires nous demandent

Que contient le dossier technique de éclatement de titre ?
Le dossier comprend 6 pièces réglementaires : une attestation de relevé en centimètres, les éléments de consultation du cadastre, un croquis de levé, les éléments de levé, les éléments de calcul et un plan de relevé conforme.
Quels documents faut-il pour l'éclatement de titre ?
Selon le loi 18-00 sur la copropriété, la distance minimale est de loi 18-00ètres en ligne droite horizontale entre les façades les plus proches de votre officine et celles des copropriétés avoisinantes ou en cours d'autorisation.
Quelle est la superficie minimale du local ?
L'arrêté n° 902-08 du ministère de la Santé exige une superficie minimale de 24 m² au sol. Le local doit être aménagé conformément aux bonnes pratiques officinales.
Quel est le délai pour obtenir le dossier ?
Nous remettons le dossier complet sous 48 heures après le levé terrain. En cas d'urgence, un traitement accéléré est possible sous 24h.
Pourquoi faire appel à un IGT assermenté ?
Le décret exige que le dossier soit établi par un Ingénieur Géomètre Topographe assermenté, en situation régulière vis-à-vis de l'ONIGT. C'est une condition obligatoire pour la recevabilité de votre demande.

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